Tribune de l’ambassadeur dans Sabah : Pour un nouveau souffle des relations économiques bilatérales

Une délégation d’hommes d’affaires irakiens rencontrera le patronat français dans le cadre du Conseil d’affaires franco-irakien lors d’une réunion de travail qui se tiendra à Paris le 6 juillet. Cette rencontre fait suite à celle qui s’était tenue à Bagdad en décembre dernier entre les deux parties. Elle sera l’occasion de faire le point sur la relation économique bilatérale, d’évoquer les dossiers sensibles et d’étudier les perspectives de développement des échanges et des investissements.

Les relations commerciales entre nos deux pays ont malheureusement connu un infléchissement, dans un contexte général difficile pour l’économie irakienne en raison de la baisse des prix du pétrole et des couteux efforts consentis dans la lutte contre Daech. Mais par delà ces problèmes conjoncturels, force est de constater que la situation est également aggravée par un certain nombre d’entraves. Ainsi les exportations françaises sont-elles confrontées à l’embargo décrété sur la viande bovine et sur les viandes de volailles, embargo maintenu en Irak alors même que les organismes internationaux compétents estiment que de telles mesures n’ont plus lieu d’être. L’agriculture est en France un pôle d’excellence, mondialement reconnu comme tel, et les moindres suspicions donnent lieu à des mesures drastiques, dans le respect des normes internationales les plus exigeantes. Il est par ailleurs pour le moins surprenant que l’accès au marché irakien soit interdit au blé français, dont le faible taux de gluten est pourtant un atout reconnu pour la santé en matière de prévention des allergies. Le maintien de ces barrières non tarifaires, alors même que les décideurs irakiens avaient confirmé leur souhait de les lever, suscite donc l’étonnement et un certain nombre d’interrogations.

Il en va de même pour les investissements non pétroliers, secteur dans lequel la France est le premier investisseur européen en Irak. Ces investissements se heurtent régulièrement à des décisions incompréhensibles, qui les mettent en danger et contreviennent aux règles internationales. Dans le cadre de son projet de reconstruction, et pour la diversification de son économie, l’Irak a tout intérêt à définir des règles claires, susceptibles d’encourager et de protéger les investissements. La rencontre du 6 juillet sera l’occasion de débattre en toute franchise et dans un esprit constructif de ces points de blocage afin de les dépasser et d’ouvrir une nouvelle page marquée par la redynamisation des échanges entre nos deux pays. Pour atteindre cet objectif, la régularité et le suivi des contacts seront également déterminants.

Nous abordons cette étape charnière en toute confiance, assurés de la détermination de nos interlocuteurs irakiens et profondément désireux d’établir notre implication économique au niveau de notre engagement militaire et politique aux côtés des Irakiens.

Dernière modification : 05/07/2017

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