Relations politiques

Depuis 2014, la France soutient activement les autorités et l’État irakiens contre Daech

Au cours de l’été 2014, face à l’ampleur de la crise humanitaire et sécuritaire, la France s’est mobilisée. Le 10 août, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius s’est rendu en Irak, où il a supervisé la première livraison d’aide humanitaire française à Erbil. Il a obtenu la tenue d’une réunion extraordinaire du Conseil des Affaires étrangères le 15 août et la mise en place d’un « pont de solidarité européen » vers le nord de l’Irak. Le 18 septembre 2014, à la demande expresse des autorités irakiennes, le Président de la République a décidé d’engager l’aviation française dans les frappes en Irak dans le but de soutenir les forces irakiennes et kurdes au sol. La France est le second contributeur à la Coalition engagée militairement contre Daech en Irak : elle réalise des frappes régulières et contribue à la formation des personnels militaires et de sécurité.

La France a apporté son soutien politique, diplomatique, militaire et humanitaire aux autorités irakiennes dans la mise en œuvre d’une politique de réconciliation nationale et dans la lutte contre Daech. La France est également mobilisée pour répondre aux importants besoins de stabilisation des zones libérées de Daech en Irak. La tenue à Paris d’une réunion ministérielle coprésidée avec l’Irak pour la stabilisation de Mossoul a rassemblé vingt-trois pays et organisations le 20 octobre 2016. Le Président François Hollande avait consacré sa première visite de l’année 2017 à l’Irak le 2 janvier, afin de réitérer le soutien de la France au gouvernement Abadi et à sa politique de réconciliation nationale. Par ailleurs, il avait reçu à l’Élysée le 21 février le Président de la région autonome du Kurdistan irakien, Massoud Barzani.

Depuis l’élection du Président Macron, plusieurs visites de haut niveau se sont tenues (Trois visites en Irak du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Deux visites du Premier ministre irakien et une du Président Barham Saleh à Paris, etc.).

La France est tout particulièrement attachée au maintien de la diversité des populations, qui fonde la richesse humaine de l’Irak

En septembre 2015, Paris a accueilli une Conférence de soutien aux victimes de violences religieuses et ethniques. Une soixantaine d’Etats y étaient représentés ainsi que plusieurs organisations internationales dont les Nations unies et l’Union européenne. L’Irak s’est étroitement associé à cet exercice. Des personnalités issues de plusieurs de ses communautés étaient également présentes. La conférence a abouti au Plan d’action de Paris, qui identifie des actions concrètes à mettre en œuvre en soutien aux populations concernées.

L’unité de l’Irak dans le respect de toutes ses composantes est essentielle pour favoriser un processus de stabilisation durable et inclusif. Au-delà de la dimension physique de la reconstruction, l’enjeu est également celui de la réconciliation.
La France accorde dans ce cadre une attention particulière aux victimes de violences ethniques et religieuses au Moyen-Orient. Grâce à un fonds dédié, des projets portés par des ONG visant à répondre spécifiquement aux besoins de ces communautés et à encourager leur retour vers leurs villes et villages d’origine sont financés.

À l’occasion du Forum de Paris sur la Paix (novembre 2018), le président de la République a en outre parrainé le lancement par Nadia Murad, Prix Nobel de la Paix 2018, d’un fonds pour la reconstruction de la région irakienne du Sinjar, particulièrement marquée par les exactions de Daech. La France mobilisera deux millions d’euros pour abonder ce fonds, qui permettra notamment de créer des infrastructures, des écoles, des hôpitaux, des structures créatrices de revenus, et de favoriser le retour sur leur terre des populations yézidies déplacées.

La France a, par ailleurs, accueilli, le 8 août 2019, 31 femmes yézidies victimes de Daech accompagnées de leurs enfants. Un vol en provenance d’Erbil organisé par l’Organisation internationale pour les migrations et financé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères s’est posé en début de journée à l’aéroport de Toulouse-Blagnac.

L’accueil de ce nouveau groupe s’inscrit dans la continuité des deux opérations déjà coordonnées par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, en lien avec les services du ministère de l’Intérieur, et qui ont permis d’accueillir 16 familles le 19 décembre 2018 et 28 familles le 22 mai 2019. Il répond à l’engagement du Président de la République auprès de Nadia Murad, prix Nobel de la paix 2018, à accueillir sur le territoire français cent familles yézidies victimes des crimes commis par Daech.

Ces femmes, particulièrement éprouvées par les exactions de l’organisation terroriste, sont prises en charge dans différents départements français. Grâce au concours de plusieurs services de l’État, la France leur assure protection, sécurité, éducation et accompagnement médico-social.

Cette démarche témoigne de la volonté renouvelée de la France de mettre en place, en lien avec les autorités irakiennes, des facilités pour l’accueil des victimes de violences ethniques et religieuses au Moyen-Orient. Parallèlement, la France mène des actions auprès de ces populations en Irak pour rétablir des conditions de vie favorables sur place et participer à la reconstruction des territoires libérés de l’emprise de Daech.

La France reste engagée dans la stabilisation de l’Irak

En décembre 2017, les autorités irakiennes annonçaient la libération complète des territoires autrefois contrôlés par l’organisation terroriste Daech.

Le pays est aujourd’hui entré dans une phase cruciale, celle de la réconciliation nationale, de la stabilisation et de la reconstruction des régions libérées sans lesquelles il ne peut y avoir de victoire durable contre le terrorisme ni de retour des populations déplacées.

Une aide humanitaire et de stabilisation

La France, avec ses partenaires, poursuit ses efforts et se tient aux côtés du peuple et du gouvernement irakiens pour venir en aide aux plus vulnérables, relancer l’économie et reconstruire le pays. A titre d’exemple, une réponse d’urgence multi-sectorielle (aide alimentaire, soins de santé primaire et biens de première nécessité) a été apportée à près de 200.000 personnes déplacées pendant la bataille de Mossoul.

Depuis 2017, la France a consacré 60 millions d’euros à l’aide humanitaire et aux actions de stabilisation en Irak dont 20 millions d’euros spécifiquement dédiés à la stabilisation de la ville de Mossoul. Lors de leur visite conjointe en Irak le 26 août 2017, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et la ministre des Armées, Florence Parly, ont en outre confirmé l’octroi d’un prêt budgétaire de 430 millions d’euros au gouvernement irakien. Un an et demi plus tard, M. Le Drian confirme l’engagement de la France pour la stabilisation et la reconstruction en annonçant l’octroi d’un prêt d’un milliard d’Euros sur 4 ans, lors de sa visite, en Irak, de janvier 2019.

La France mène également ses actions en matière d’aide humanitaire et de stabilisation par le biais d’agences onusiennes (HCR, PAM). Elle a aussi contribué à hauteur de 7 millions d’euros aux outils du Programme des Nations Unies pour le Développement en Irak.

Sécurité

Le rétablissement de la sécurité est indispensable afin de permettre le retour volontaire des déplacés dans les territoires libérés de l’emprise de Daech.
Pour ce faire, la France fournit, dans le cadre de sa participation à la Coalition, un appui militaire aux forces locales désormais engagées dans la sécurisation des territoires irakiens récemment libérés pour empêcher toute résurgence du mouvement terroriste Daech.

La France appuie également la formation des forces de sécurité intérieure irakiennes en matière de gestion démocratique des foules, de déminage (y compris chimique et subaquatique), et de gestion des scènes post attentats.

Santé

Les projets soutenus par la France accordent une attention particulière à la santé des populations irakiennes. Au-delà de l’aide humanitaire d’urgence, la France a mis en œuvre des programmes de soutien aux infrastructures de santé (hôpitaux, centres de santé dans des camps, cliniques mobiles) et d’appui à la prise en charge psychologique de populations souvent traumatisées.

La France s’est également fortement engagée dans la réhabilitation de la faculté de médecine de l’Université de Mossoul, appelée à former l’ensemble du vivier de personnels médicaux dans la Plaine de Ninive et au-delà. La faculté avait subi d’importants dégâts du fait des combats. Grâce à la mobilisation de la France et au soutien du PNUD, celle-ci est aujourd’hui complètement reconstruite et accueille depuis la rentrée universitaire 2018 de nombreux étudiants.

Éducation et soutien aux populations déplacées

L’éducation constitue un des axes prioritaires de l’aide française. Outre le soutien apporté à l’Université de Mossoul, la France s’est engagée en faveur de programmes de réhabilitation d’écoles dans les territoires les plus difficiles d’accès.
Pour les enfants n’ayant pas eu accès à l’éducation pendant l’occupation de Daech, des projets de soutien d’éducation non formelle ont également été financés de façon à leur permettre de réintégrer le système d’éducation public irakien.
Des formations à la protection de l’enfance et des campagnes de sensibilisation sur les droits de l’enfant ont également été mises en œuvre par des ONG.

Justice et lutte contre l’impunité

La France est résolument engagée en faveur de la lutte contre l’impunité des crimes commis en Irak et a saisi toutes les occasions pour faire progresser ce dossier, notamment au Conseil de sécurité et dans le cadre des autres instances onusiennes. Elle finance des projets de documentation des exactions commises afin d’alimenter les enquêtes. Des actions de formation pour renforcer les compétences des autorités de police et de justice irakiennes sont également menées afin de rendre la poursuite des auteurs de crimes plus efficace.

La France met en place des actions concrètes pour assurer la protection du patrimoine archéologique irakien

Depuis le 19ème siècle, la France a œuvré pour la reconstitution et la redécouverte du passé de l’ancienne Mésopotamie. C’est en effet à la suite des fouilles du consul de France Paul-Emile Botta sur le site de Khorsabad, l’ancienne capitale du roi Sargon d’Assyrie au 8ème siècle avant J-C au nord de l’Irak, que le premier musée assyrien du monde fut créé au Louvre le 1er mai 1847. Les liens entre la France et l’Irak en matière de préservation du patrimoine et d’archéologie sont donc anciens.

Au cours des dernières années, trois priorités ont été dégagées en concertation avec les autorités locales : la lutte contre les trafics, la protection des œuvres et la mémoire des sites. Plusieurs actions de formation destinées aux professionnels irakiens de la conservation du patrimoine ont été programmées en partenariat, notamment, avec l’Institut National du Patrimoine (INP) et le Département d’archéologie orientale et mésopotamienne du Louvre pour améliorer les techniques de lutte contre le trafic de biens et objets culturels.

De son côté, l’Institut français du Proche-Orient (IFPO) en Irak, qui dispose d’une antenne à Erbil a établi une coopération avec des établissements universitaires dans les domaines de l’archéologie et du patrimoine.

En 2018, l’Institut français de recherche à l’étranger (IFRE) a conduit plusieurs opérations de numérisation et de conservation sur des sites irakiens, dans le cadre du fonds de l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones de conflits (ALIPH).

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Dernière modification : 27/08/2019

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